La mortalité des startups agricoles indiennes sera moindre: Mark Kahn d’Omnivore

Omnivore, l’un des investisseurs les plus prolifiques dans les startups axées sur l’agriculture, a investi dans 24 entreprises au cours des huit dernières années. Mark Kahn, associé directeur, dit que c’est la décennie des agro-industries et des startups qui se penchent sur l’Inde rurale.

ET: Quels sont les grands défis que plus de 400 startups agritech tentent de résoudre en Inde?
MK: Il y a trois grands défis à résoudre dans l’agriculture indienne. L’un est la rentabilité des agriculteurs. C’est la même chose que le programme du gouvernement de doubler les revenus agricoles. Pendant longtemps, l’accent a été mis sur la nécessité de produire plus. Mais si vous ne pouvez pas le commercialiser, produire plus n’aide pas. L’accent doit donc être mis sur la rentabilité.

Vous pouvez le faire de plusieurs façons: augmenter la production tant que les prix globaux ne baissent pas. Améliorer les prix que les agriculteurs reçoivent même du même produit grâce à la diffusion; et abaisser leurs coûts d’intrants et de financement.

Considérez chaque agriculteur en Inde comme un micro-entrepreneur avec son propre bilan et son propre compte de résultat.

Un autre est la résilience – comment pouvons-nous réduire l’écart-type de rentabilité pour que pendant les mauvaises années, ils se portent toujours bien?

Troisièmement, comment pouvons-nous améliorer la durabilité de l’agriculture indienne? Réduire les émissions de gaz à effet de serre, réduire la consommation d’eau, réduire l’utilisation de produits chimiques, réduire le gaspillage alimentaire. Ce sont les trois choses sur lesquelles les startups doivent se concentrer. Rentabilité, résilience et durabilité. Certaines startups travaillent dans les trois domaines.

ET: Quelles sont les économies unitaires pour les startups agritech?
MK: La plupart d’entre eux sont rentables. Agritech n’est pas du commerce électronique. Nous considérons l’agritech comme ayant neuf catégories, y compris les plateformes d’agriculteurs, les marchés agricoles B2B, les fintech rurales, les technologies post-récolte et l’agriculture de précision. Ces catégories définissent l’espace et l’économie de l’unité varie entre elles.

Quel a été l’impact des startups sur l’agriculture indienne?
MK: Par exemple, Stellapps, basée à Bengaluru, a 5 millions de producteurs laitiers qui y sont liés. (La Fondation Gates, Qualcomm et Bloom font partie de ses investisseurs.) Ils ont construit un vaste réseau de production laitière numérisée. Ils ont créé une couche numérique sur l’écosystème laitier. Skymet possède le plus grand réseau de stations météorologiques en Inde – près de 7 000 d’entre elles. Environ 10 millions d’agriculteurs en Inde sont liés par Skymet. DeHaat a des liens directs avec 3 agriculteurs lakh. Ce sont encore les premiers jours, mais l’impact est là.

ET: Avez-vous investi dans des projets d’aquaponie ou de culture hydroponique en Inde?
MK: Il ne sert à rien de cultiver aloo et methi en culture hydroponique. Celles-ci sont bonnes pour les légumes verts, mais l’Inde n’est pas un pays mangeur de salades crues. Ce seront des jeux de niche.

ET: Quelles sont certaines des tendances que vous voyez?
MK: Je vois trois tendances positives. Premièrement, le développement de l’écosystème agritech: au moins 33 à 50% d’agriculteurs seront connectés à agritech. Deuxièmement, les réformes annoncées le mois dernier (permettant aux agriculteurs de vendre n’importe où) créent des conditions de décollage. Nous verrons une croissance sérieuse dans l’espace. Troisièmement, nous reconnaîtrons enfin que l’histoire de l’Inde n’est pas une histoire urbaine. L’agriculture indienne verra une reprise en forme de V. La mortalité des startups agricoles indiennes sera moindre – certaines réussiront, certaines deviendront des PME.

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