Cette startup française du bluetech révolutionne la pisciculture

BIOceanOR, startup basée à l’Université Sophia-Antipolis de Nice, a développé une «station météo sous-marine» qui révolutionne ce que nous savons des milieux marins. Il est capable de surveiller la qualité de l’eau en temps réel et également de prédire sa qualité future à partir des modèles que les données précédentes ont montré. Il a été créé pour, principalement, assurer la santé des piscicultures.

Fondée en janvier 2018 à l’Université Sophia-Antipolis de Nice, BIOceanOR conçoit des systèmes qui mesurent la qualité de l’eau de mer. Créée par Charlotte et Samuel Dupont, tous deux titulaires d’un doctorat en microbiologie marine, la startup combine l’expertise de ses deux directeurs: science des données et biologie marine respectivement. Samuel a précédemment travaillé à l’Ifremer, organisme de recherche et de conservation océanique, et au CNRS, organisme qui finance des recherches scientifiques plus générales. D’après son expérience antérieure, le biologiste s’est rendu compte qu’il n’y avait pas d’outils autres que manuels pour assurer la qualité de l’eau dans les piscicultures. Ces appareils, y compris les thermomètres et les sondes de mesure, ont un autre inconvénient en ce qu’ils ne prennent pas de mesures en continu.

Aider les piscicultures

En se basant sur l’observation selon laquelle «les piscicultures sont soumises à un environnement marin changeant, parfois rigoureux, qui peut avoir un impact sur la reproduction», Samuel était convaincu qu’un contrôle plus approfondi et continu de la qualité de l’eau faciliterait la gestion des fermes et permettrait aux agriculteurs d’augmenter leur productivité. BIOceanOR a ainsi développé des stations météorologiques sous-marines pour suivre la qualité de l’eau en temps réel et pouvoir la prédire.

L’appareil AquaREAL, qui n’a pas besoin d’être actionné manuellement, peut mesurer la qualité de l’eau selon plus de 14 facteurs basés sur la physique et la chimie, tels que la température, les niveaux de sel, la nébulosité, les niveaux d’oxygène et les polluants. Il obtient les résultats analytiques en quelques secondes.

«Il n’est plus nécessaire de prélever des échantillons pour les analyser ultérieurement en laboratoire», explique Samuel Dupont. «Les résultats sont envoyés en quelques secondes à un portail consultable en ligne ou via une application, avec un système d’alerte intégré en cas de problème.»

Un immense marché

Avec environ 3 500 exploitations piscicoles et un peu plus de 200 000 tonnes de poissons d’élevage par an, la France est le deuxième producteur de l’UE. Cela en fait un marché potentiel pour la possibilité d’un réseau commercial de ces stations météorologiques. Il semble que la pisciculture, qui fournit aujourd’hui près de la moitié des ressources halieutiques mondiales, ait un bel avenir devant elle. BIOceanOR a déjà déployé une cinquantaine de stations météorologiques sous-marines en France, en Polynésie française, aux Pays-Bas, en Espagne et en Chine.

BIOCanOR ne se limite pas à la pisciculture. La start-up souhaite attirer des collaborateurs publics et privés pour qui le suivi environnemental est essentiel. Il s’agirait notamment des conseils en charge des piscines et des agences de protection de l’environnement.

«Nous sommes en discussion avec les communautés locales, et nous espérons avoir un plan en place d’ici l’été 2020», affirme Charlotte Dupont.

Par Nadège Delalieu

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *